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Opération candidature unique de Sassou au Nord : " Jeune Afrique " lance une boule puante sur le général Mokoko

General Mokoko
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« Jeune Afrique » a révélé hier l’existence d’une vidéo non datée qui donne à voir le général Mokoko en pleine préparation d’un coup d’Etat avec des prétendues barbouzes liées à la DGSE française ! Mieux, il y lit même sa déclaration de prise de pouvoir. Le visionnage de cette vidéo donne à voir et à entendre un Mokoko assez naïf pour espérer renverser le régime en place avec quelques coupures de billets de 50 euros exhibés complaisamment par son interlocuteur (un don de la Diaspora - est-il dit - donc forcément mis au parfum !).

On savait à quoi s’en tenir avec François Soudan de « Jeune Afrique », notre compatriote par mariage, que ses détracteurs accusent d’être trop bien introduit auprès de Sassou Nguesso, un parent par alliance qu’il interviewe depuis une quinzaine d’années.

Beaucoup avaient parié que ce journal, comme d’habitude, voyait la candidature du général Mokoko à la présidence de la République congolaise d’un mauvais œil et ne manquerait pas de mettre tout son savoir-faire au service d’un régime qu’il soutient ouvertement depuis des décennies, histoire de discréditer ou de disqualifier l'officier général.

D'ailleurs à l’annonce de la candidature de Mokoko, le journal « panafricain » dès son premier article sur le sujet s'était surpassé, illustrant son " papier " avec une photo montrant l’officier sous un jour défavorable. Un coup de Photoshop ?

Mais ce n’était rien en comparaison avec ce qui allait suivre. Une véritable attaque au bazooka.

En effet, « Jeune Afrique » a révélé hier l’existence d’une vidéo non datée qui donne à voir le général Mokoko en pleine préparation d’un coup d’Etat avec des prétendus barbouzes liés à la DGSE française ! Mieux, ce dernier y lit même, face caméra, sa déclaration de prise de pouvoir…

Le visionnage de cette vidéo donne à voir et à entendre un Mokoko assez naïf pour espérer renverser le régime en place avec quelques coupures de billets de 50 euros exhibés complaisamment par son interlocuteur (un don de la Diaspora - est-il dit - donc forcément mis au parfum !). Bref, on a le sentiment d'une grosse  manipulation qui d'ailleurs risquerait d'avoir un effet contre-productif pour ses commanditaires, les Congolais pouvant après cet épisode, porter un regard encore plus favorable sur l'intéressé...

De fait, après l'agression de Mokoko à l'aéroport de Maya Maya, nos compatriotes ne manqueront pas de considérer que la publication de cette vidéo (peut-être inspirée par les officines de Talangaï et fabriquée en Corée du Nord, comme naguère les insignes du PCT) le jour de la candidature officielle de l'ancien chef d'état-major général (lire sa déclaration ci-dessous) relève, jusqu’à preuve du contraire, d'un montage grossier prouvant que la candidature de ce dernier dérange. Sassou, qui tient mordicus et plus que jamais à être, comme d’habitude, candidat unique du Nord, fera donc tout pour la torpiller. Et cela n’est là qu’un début.

Quoiqu'il en soit, c'est à ce genre de pétard mouillé qu'on mesure que la sérénité n'est plus de mise, ni au palais de la présidence du Congo, ni chez nos confrères des bords de Seine. Il est vrai que les intérêts en jeu sont énormes.

Visionner la vidéo

Notre commentaire

La vidéo, manifestement bidouillée remonte pour l'essentiel de la fin des années 90, début des années 2000. En témoigne la référence faite au Groupement aéroporté (GAP), fer de lance de l'armée de Sassou à l'époque. Ce document, en plus de vouloir brouiller l'image de Mokoko sur le plan international, s'adresse clairement aux populations du Sud du pays. Le but recherché serait de montrer que l'ancien chef d'état-major général demeure un " nordiste " haïssant les populations du Sud, et donc de le couper de cet électorat. D'ailleurs " Jeune Afrique " ne manque pas d'indiquer que Mokoko traite ces populations de " tribalistes ". Pas besoin de dessin donc.

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Déclaration de candidature à l’élection présidentielle de 2016

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Chers compatriotes,

Chers frères et sœurs.

Distingués invités,

Vous comprendrez mon émotion de me retrouver en cette circonstance particulière dans cette enceinte naguère appelée Palais des Congrès, où l’on entend encore, comme un murmure, tous les messages de la Conférence Nationale Souveraine, moment décisif de l’histoire de notre pays, où des générations entières, au nom d'un Congo nouveau et d’un meilleur rêve posaient les jalons d'une espérance aujourd'hui trahie.

Je pense en ce moment, à Monseigneur Ernest KOMBO qui à chaque instant de reprises des travaux dans la Grande salle voisine, me disait toujours : « Que Dieu protège ce beau pays». Je n’oublie pas mon frère et ainé Jean-Pierre THYSTERE TCHICAYA, qui un jour, excédé par le récit et les témoignages insoutenables liés aux pratiques du parti unique, s’est écrié, les larmes aux yeux : « Plus jamais cela ».

Ils sont pour la plupart partis rejoindre les leurs, c'est à dire nos premiers bâtisseurs. Je pense à l'Abbé Fulbert YOULOU, Jacques OPANGAULT, Félix TCHICAYA, Stéphane TCHITIELE, Alphonse MASSAMBA-DEBAT, et Marien NGOUABI.

Au moment où je décide, moi aussi, de porter devant vous, ma part de rêves pour ce pays, je croise les regards dans les couloirs de cette même enceinte de mes ainés comme le vieux Yacinte BAKANGA, David Charles GANAO, André MILONGO, Stéphane BONGO NOUARA, Bernard KOLELAS, Augustin POIGNET, Ambroise NOUMAZALAYE, et tant d'autres.

Mes Chers compatriotes,

Depuis plus de quarante-cinq ans, l'histoire du Congo est jalonnée de tragédies récurrentes, de violences politiques aveugles dues essentiellement à l’action de notre classe politique qui privilégie ses intérêts au détriment du peuple.

Dans cette mésaventure, notre peuple a perdu des milliers de vies humaines, une quantité innommable de biens matériels. Mais bien plus grave, notre pays y a perdu son honneur, son identité, son âme et !a foi en son devenir, bref sa dignité.

Face à la gestion chaotique de la chose publique, à la confiscation du pouvoir par le Parti-Etat, et à la faveur de la chute du communisme, notre peuple, fidèle à sa tradition de lutte contre l'oppression, dans un sursaut national salutaire, a imposé la tenue de la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Ce haut moment de notre histoire récente affichait à la face du monde la volonté et l'ambition du Congo d'aller droit et sans retard vers la réalisation de ses idéaux de liberté, de progrès, de justice et de développement dans la démocratie pluraliste.

La Force publique, dans un esprit républicain, a pesé de tout son poids pour assurer et garantir une transition sereine et pacifique qui s'est conclue par l'organisation d’élections libres, transparentes, crédibles et unanimement reconnues.

Vingt-quatre ans après, le Congo a malheureusement renoué avec les vieux démons de la mauvaise gouvernance et se retrouve devant une impasse qui requiert un nouveau sursaut national.

En effet, le climat politique actuel est marqué par :

•             Le retour insidieux de la pensée unique et du Parti-Etat :

•             l’organisation d’élections non transparentes ;

•             La résurgence du climat de peur malicieusement entretenu par des discours haineux et discrets, d'une caste politique en mal de légitimité agitant sans vergogne le spectre de la guerre ;

•             Le repli identitaire et clanique de plus en plus marqué dans la gestion des affaires publiques ;

•             L'émergence d’une oligarchie égoïste et dispendieuse qui contrôle tout, confinant l'écrasante majorité de la population dans un océan de misère :

•             L'aggravation de la pauvreté des populations qui contraste avec l'opulence insolente de ceux que le peuple appelle ironiquement les nouveaux riches;

•             Pour le soldat que j’ai été un constat amer : Une Force publique qui

[Illisible, NDLR]

Mes Chers compatriotes.

Face donc au désarroi et au désespoir de notre jeunesse, qui ne voit plus son salut que dans le mirage d'une expatriation souvent illégale ;

Face à l'accentuation de la pauvreté de nos sœurs, de nos mères réduites à la survie ;

Face à l'humiliation de nos pères contraints à la mendicité au crépuscule d'une vie souvent de dur labeur ;

Face à la dégradation constante de l'Etat dans tous ses fondements :

Face à la fracture sociale béante qui divise le Congo entre nantis et démunis ;

Face aux sollicitations pressantes de nombreux compatriotes de tous horizons et des forces de progrès.

J'ai décidé de prendre le parti du peuple, en me portant candidat à l'élection présidentielle du 20 mars 2016.

APAISER, RASSURER, RASSEMBLER telle est la ligne directrice de l'action que j'entends mener si le Peuple me fait confiance.

Je le ferai confiant dans le génie créateur du peuple et dans sa combativité. Le temps du devoir et de la responsabilité a sonné pour tous. Il exige une véritable prise de conscience citoyenne à tous les niveaux et un engagement sans faille. Le repli identitaire, le sectarisme, le communautarisme nous ont conduit là où nous sommes, c'est-à-dire vers le déclin de la Nation congolaise.

C’est pourquoi, je demande à toutes les filles et tous les fils du Congo de se joindre à moi pour la reconquête des valeurs morales et éthiques qui ont longtemps fait la fierté de notre Peuple, le prestige et la renommée de notre pays.

Je demande à la jeunesse abandonnée, aux femmes accablées, aux cadres ignorés et exclus, aux entrepreneurs, aux fonctionnaires et travailleurs délaissés, aux paysans marginalisés, à l'ensemble de nos communautés diverses, de se rassembler pour projeter l’avenir, ensemble.

Projeter l’avenir, pour moi c'est :

1.            Restaurer l'autorité de l’Etat bafoué et privatisé ;

2.            Impulser une dynamique de rupture d’avec les mauvaises pratiques et de changement des mentalités ;

3.            Défendre l'unité nationale menacée ;

4.            Garantir la Paix et la sécurité des biens et des personnes sans discrimination ;

5.            Rendre à la force publique sa dignité et son caractère national ;

Projeter l’avenir, c'est enfin engager la jeunesse et tout notre peuple dans le chemin de la reconstruction nationale, dans la voie de la renaissance, de la fierté d’être congolais, dans la voie de la dignité par le travail et le mérite.

Je ne terminerais pas cette déclaration sans me tourner vers mes compatriotes qui sont à l’étranger.

A tous les Congolaises et Congolais de la diaspora, j’ai envie de leur faire la promesse qu’en son temps. Victor Hugo, disait à ses amis, de son exil : « Je ne rentrerai au pays que lorsque la liberté rentrera ». Je me suis engagé, mes chers compatriotes, pour également préparer le retour de cette liberté confisquée, voilà pourquoi je vous demande d’espérer.

Mon ambition est de rendre au Congo la foi en son devenir, son honneur, sa dignité et la fierté d’appartenir à une Nation respectée.

Vive le Congo !

Vive la République !

Jean Marie Michel MOKOKO