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Sous le Covid-19, une minable guerre des clans

Congo B
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Tribune libre

La pandémie du Covid -19 vient mettre à nu l'étendue des divisions qui minent les clans et castes qui gravitent autour des cercles au pouvoir de Sassou Nguesso. La guerre des clans qui bat son plein vient de prendre la République et le reste des congolais ne faisant pas partie du Sassouland en otage.

Jusqu'à récemment, les congolais croyaient qu'ils vivaient dans un semblant de République, une et indivisible, ils viennent à leur corps défendant se rendre compte qu'ils n'étaient que des sujets du clan Sassou Nguesso, sa famille et ses enfants. Les dernières déclarations postées sur la toile du responsable des services secrets congolais, au-delà du fait qu'il donne des frissons et font froid au dos, elles viennent par elles - même briser le mythe de l'union sacrée, d’un supposé pouvoir du Nord contre le Sud martyrisé ; doctrine de conquête et conservation du pouvoir conçue et pratiquée depuis les années 1990 par Sassou Nguesso.

Jean Dominique Okemba dans sa guéguerre contre Nianga-Mbouala, Kiki et Sassou Nguesso pour la conquête et la conservation du pouvoir, vient de lancer le virus le plus destructeur que jamais, scientifique n'a inventé. Affirmer sans état d'âme qu'au nord, personne ne peut ravir le pouvoir de Sassou et les massacres du Pool sont passés comme une lettre à la poste et rien n'y fera ! Sassoufit !

Sassou peut-il se prévaloir d'être encore celui qui incarne l'unité de ce pays ? Peut-il jouer les rassembleurs du nord au sud ? Peut-il se présenter en apôtre de la paix sans que le peuple congolais n'y voit une malice destinée à acheter les consciences à coup d'espèces sonnantes et trébuchantes grâce aux alliés gloutons qui ne reculent jamais face à une compromission financière au point de trahir à la dernière minute, militants, alliés et camarades de lutte.

Suivez mon regard !

Qui peut affirmer que Sassou peut encore mobiliser les ressortissants de la partie septentrionale pour qu'ils lui servent de bouclier contre le Sud dans une compétition électorale combien même aurait-il éliminé tous les concurrents du Nord contre un candidat fabriqué du Sud pour donner bonne conscience aux pseudos moralisateurs occidentaux qui aiment les oppositions en termes de tribu et non d'idées ? Sans offusquer les gens, même Anguios ferait meilleur score que lui si on l'opposait à un candidat de l'opposition.

Et pourquoi le Nord ne votera pas et ne soutiendra pas Sassou malgré le bourrage de crânes ? La réponse est simple : On ne peut pas chercher à rassembler au-delà de sa sphère d'influence lorsque sa propre famille est minée par des divisions irréversibles.

Le supposé Nord, celles et ceux qui ont cru en Sassou Nguesso en 1997 a abandonné ce dernier depuis qu'il a méthodiquement entrepris sa campagne d'élimination et de marginalisation des cadres compétents ou qui ont osé de désolidariser de sa gestion depuis 1997 ? cadres non issus de son cercle subjectif du Sassouland (Edou, Tchikapika, Oyo, Ngologoua et Ossende).

Lorsqu'on prend la LIKOUALA, Sassou et ses sbires ont éliminé les Motando, Noumazalay, Mouassiposso, Epelet, les gens qui l'ont aidé à revenir au pouvoir. Il a éloigné les Tassoua, chassé hors du champ du pouvoir, Dekamo après avoir opposé et attisé la rancœur entre filles et fils de la Likouala. Préférant laisser à la tête du département un Préfet honni de tous dont il sait pertinemment que les ressortissants n'aiment pas et qu'à la moindre protestation, il n'hésitera pas pousser ses soudards d'aller mater les récalcitrants au prétexte de restauration de l'autorité de l'Etat. Quant aux généraux et officiers supérieurs qui ont toujours été à ses côtés, pour les affaiblir, il les a inoculés de poisons et vécus de tisanes comme antidotes pour faire face au poison qui les ronge.

Dans la SANGHA, ou est le général Paul Mbot ? Le poison a eu raison de lui et l'a éloigné des cercles concentriques de la gestion des affaires de l'Etat. Et Pierre Nzé ? Qui s’en souvient encore ? Souffrant d'une maladie incurable, il vit en France, donc loin du pouvoir. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir fait tourner la tête du Président Lissouba avec son camarade, Claude Ernest Ndalla qui a été contraint à l'exil ! Les ressortissants de la Sangha n'ont pas manqué de lui faire part de leur mécontentement en gâchant sa fête de l'indépendance fêtée dans le cadre de la municipalisation accélérée de la Sangha. Des gouttes de pluie sur le costume croisé de Sassou qui lui sont restés au travers de la gorge. Et qui vaut une marginalisation de ce département.

Dans la CUVETTE, le contentieux historique a refait surface avec l'emprisonnement du Général Jean Marie Michel Mokoko, véritable vainqueur de la présidentielle de 2016. Ce qui n'est pas du goût des ressortissants de Makoua qui ne pardonneront jamais cet affront, malgré les opérations de charmes opérées via son beau-père, Firmin Ayessa. Le général Avoukou, valeureux officier Makoua envoyé à la mort prématurément juste pour écarter tous ceux qui l'avaient soutenu lors des périodes troubles de la conquête du pouvoir par les armes.


A deux pas de Makoua, Owando dont est originaire le président Marien Ngouabi lâchement assassiné dont le doigt accusateur se pointe contre Sassou ; le désignant comme le principal commanditaire et auteur de cet assassinat, vient de vivre un drame avec la disparition le 30 mars 2020 dernier, du Président Yhomby Opango. Enterré en France en pleine épidémie du coronavirus, tout le monde sait et encore plus, les ressortissants de Owando que Sassou n'a jamais cessé insidieusement de le traquer, en l'incarcérant sans motif, en lui faisant miroiter moult promesses pour ressouder l'unité nationale sans tenir ses promesses, allant jusqu'à chercher à attenter à sa vie. Son retour précipité pour la France a été en partie motivée pour fuir une élimination indolore. Le Colonel Obou compagnon de route depuis Sassou 1 vient de rendre l’âme faute de soins appropriés après avoir été baladé dans les hôpitaux mouroirs de Brazzaville. Applaudissent - Ils Sassou de bon cœur ?

Restons dans la Cuvette, le Général Adoua mort dans les circonstances troubles dont les partisans et la famille pointent le doigt accusateur chez JDO. Allons à Boundji pour voir le sort qui a été réservé à Lekoundzou, alias Maradona, l'un des artisans du retour au pouvoir de Sassou Nguesso, qui se déplace sur une chaise roulante victime d'un empoisonnement qui a failli l'emporter. Le Général Morlende envoyé à la retraite qui est mort presque abandonné. Qui peut croire que tous les ressortissants de Boundji peuvent porter Sassou en estime face au désastre qu'il a causé aux plus hauts cadres du Nord. Cynique et sans état d'âme, Sassou a dévoré et détruit toute l'unité qui pouvait se faire autour de lui par ceux qui ont cru à son ´´imposture ethnocentriste ´´. Blanchard Oba, les jumeaux Ibovi neveux direct de Sassou Nguesso sont mis en ''quarantaine'' depuis 2016 pour s'être opposés au changement de la Constitution.


Que dire du Général Jim Niombela envoyé à la retraite pour parce que non maîtrisable alors qu'il a été au côté des officiers putschistes de juin 1997.


A quelques mètres de Edou, un enfant de Obouya, général de son état, se démène comme il peut pour sauver sa peau se battant avec le poison dans corps, alors que ce général, Jean François Ndengue n'a fait que réaliser de basses et sales besognes pour consolider le pouvoir de Sassou. Aujourd'hui, il se tient en mur de lamentation d'avoir été rétribué en monnaie de singe. Rumine-t-il sa revanche dans son confinement qui limite sa mobilité et l'expose à subir les foudres de Sassou qui veut en découdre avec lui et ses soudards !

Le Nord uni derrière Sassou, allez demander à Nianga-Mbouala qui a été relevé de ses fonctions pour son histoire de coup d'état pour éliminer Sassou ; poussant les jeunes d'Ollombo à prendre et adopter des postures dures contre Sassou au point d'en découdre à cause de son ingratitude ! Ils s’observent en chiens de faïence. C'est à qui dégainera le premier. Et Pierre Ngolo que Sassou a tout fait pour affaiblir allant jusqu'à lui créer de fausses fiches pour le pousser à quitter son poste de secrétaire général du PCT ; question de l'affaiblir. Cette éviction a laissé des traces dans les milieux subjectifs de Ngaré, des Toomou et des "Mwana Ngo!"

Le Nord ! Union sacrée ? La Cuvette unie derrière Sassou ? Certainement pas ! Cet étirement dans l'axe Abala, Ongoni, Ollombo qui nous plonge dans département des Plateaux permet de restituer les contentieux qui existent dans ces confins plus proches de Oyo que de Gamboma et qui ne supportent pas également l'incarcération d'un enfant du coin en la personne de Nicolas Okandzi qui n'a ménagé aucun effort pour fabriquer et aider à l'enrichissement des Oyosapiens !
Les PLATEAUX, restons-y! Ou se trouve Mathias Dzon qui a mené campagne en France pour aider le retour au pouvoir de Sassou ? Et le général Ngollo, alias vieux Ngando ? Il est à 10000 pieds sous terre, emporté par la violence du pouvoir de Sassou. Et le général Ngouenlondelé père ? Marginalisé.

Et Gamboma ? Laissé à l'abandon et ses plus hauts cadres marginalisés. Vous avez dit union sacrée du Nord derrière Sassou ? Le risque est grand lorsqu'on citera les noms du Général Ombeli, qui rase les murs. Que N'a - t-il pas fait pour défendre le pouvoir de Sassou ? Les congolais ne sont pas dupes et personne ne viendra leur demander au nom de l'unité du Nord d'être derrière Sassou pour le soutenir contre les adversaires d'autres ethnies.

Le cas des Plateaux Batékés illustre le mépris et la haine que Sassou voue aux autres lorsqu'on sait le sort qu'il a réservé au colonel Marcel Tsourou, un des artisans de sa victoire lors de la guerre du 5 juin qu'ils ont liquidé gratuitement, demandez aux ressortissants de Lekana d'aller remercier Sassou s’Ils le feront de gaieté de cœur ? A cette ingratitude s’ajoute celle infligée au ministre André Okombi - Salissa, qu'il a emprisonné à la maison d'arrêt après l'avoir condamné à 20 ans des travaux forcés, tout simplement parce qu'il lui avait dit qu'il ne fallait pas changer la constitution pour se maintenir. Allez-y trouver chez les ressortissants de la contrée d’AOS et ses partisans du Front 400 les motifs pour supporter et applaudir Sassou Nguesso.

La CUVETTE-OUEST n'est pas épargné par cette ''imposture ethnocentriste''. Jacques Banangadzala, Grégoire Lefouoba, Daniel Ovaga ont subi les foudres du régime pour prise distance avec la gestion clanique du régime.

Avec tous ces contentieux, Sassou peut-il mobiliser et faire l'unanimité dans le Nord du Congo ? En l'absence ce cécité intellectuelle, aucun congolais de bon sens ne peut imaginer un seul instant que Sassou soit encore l'homme de la situation même s'il va marchander ses soutiens dans la partie du Congo encline à des compromissions suicidaires grâce aux Petro-CFA !

Les déclarations de Jean Dominique Okemba doivent éclairer plus d'un congolais au-delà de leur guéguerre claniquo-tribale, de leur mode opératoire. Vous n'êtes que des sujets au service du pré-carré Oyo- Edou - Tchikapika ! Congolais ! Vous savez ce qui vous reste à faire ! Sassoufit !

Ce régime est devenu un danger pour la concorde nationale. Le ‘’sorcier’’ de Sassou vient de vous donner la matière pour que les démocrates épris de paix et de justice puissent utiliser ces extraits afin de construire une dynamique républicaine de toutes les forces vives de la nation, susceptible de restaurer la République et l’Etat de droit.

Bougez !

Notre commentaire

Ils sont peu nombreux, les congolais qui se laissent encore prendre au jeu des manœuvres de diversion orchestrées depuis les officines du pouvoir situées à Talangaï, sur la prétendue guéguerre du clan familial au pouvoir. Nos compatriotes n'ignorent pas que celui-ci est d’accord sur un point : le pouvoir est mbochi et doit demeurer mbochi. Si désaccord il y aura un jour, il ne portera que sur le nom du village mbochi à hériter du pouvoir. Edou, Oyo, Ollombo... ?

Dès lors, prêter attention au théâtre de boulevard villageois dans lequel jouent maladroitement Okemba et ses figurants sous l’ombre des grands arbres, histoire de faire diversion au regard de la révolte populaire qui gronde, c’est entrer dans le jeu de dupes dont est friand la famille Nguesso quand elle se sent en difficulté. Mais c'est vrai que le clan au pouvoir doit tout faire lui-même, en l'absence d'une opposition autre qu'alimentaire dans le pays. La nature a horreur du vide.

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