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Déby c’est fini

politique
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Idriss Déby Itno est mort. Tué. Dans quelles circonstances est mort le président tchadien ?

Est-il mort au combat contre les rebelles venus du nord du pays, selon la version des militaires ? On ne peut s’empêcher, comme certains, d’émettre des doutes quand on se rappelle que ces mêmes militaires, dans un communiqué, affirmaient quelques heures avant que le bilan des derniers combats était de quelques blessés côté troupes gouvernementales et de 300 morts du côté des rebelles. Deby devait-il donc être compté parmi lesdits blessés ? A moins qu’il n’ait été en toute première ligne, il est tout de même surprenant qu’aucun de ses officiers ne soient, jusqu’à preuve du contraire, parmi les victimes.

L’autoproclamé maréchal aurait-il été victime d’un règlement de comptes, y compris familial, un mode de règlement des conflits assez courant chez les Zaghawa, son ethnie ?

Aurait-il été victime d’un coup d’Etat de palais, dans un scénario inspiré de celui du Congo en 1977 ? En tout cas la mise en place, ex-nihilo après son décès, d’un Conseil national de transition (CNT) composé de quinze généraux, qui ressemble furieusement au Comité militaire du parti (CMP) mis en place à Brazzaville à l’époque, interroge.

Quoiqu’il en soit, à défaut d'exprimer leur satisfaction, les tchadiens et les africains ne pleureront sans doute pas la disparition de cet authentique dictateur, bourreau des populations du sud de son pays, qui foulait au pied sans complexes les droits de l’Homme. En effet, il était connu pour faire disparaître ses opposants. La trace de son long passage au pouvoir sera vite oublié, sauf en ce qui concerne la violation des droits humains (un euphémisme), à l'instar de son mentor Hissein Habré.

C’est plutôt du côté de la France, qui l’a installé au pouvoir en 1990 et a sauvé son régime à maintes reprises, que viendront les regrets car Idriss Déby, indéfectible allié, s’était rendu indispensable à ses yeux, par son armée, laquelle se déployait notamment dans le Sahel et autour du lac Tchad.

Son successeur ? Pour l’instant, un de ses fils, un général de 37 ans qui jusque-là commandait l'armée ethnique que son père avait mise en place, sous la forme d'une garde républicaine. Une armée dans l'armée, qui sera le véritable problème du Tchad pour le futur. Un Déby peut en cacher un autre. 

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