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23
Dim, Avr

General Mokoko
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Selon un récent sondage (qui a filtré) datant de cette semaine, effectué pour les besoins stratégiques du pouvoir en place, il en ressort que Mokoko, le candidat du peuple arriverait en tête avec 37,5 % devant Parfait Kolélas à 18% et Okombi à 16 %, tandis que Sassou se situerait à un peu moins de 10 %.

Tribune libre

Le danger ne venant jamais du côté où il est attendu, c’est à l’occasion d’une inattention sur un détail, somme toute banal, que les grands sorciers périssent. Après des décennies de pouvoir où il s’est imposé à la tête du pays par la violence, Sassou joue au charlatan en désarticulant le building institutionnel congolais dont il s’était arrogé la responsabilité. Son alchimie semble lui échapper tant il est défié par Guy Parfait Kolélas avec sa cruche et l’inattendu et très populaire Jean-Marie Michel Mokoko.

Quels que soient les résultats, vraisemblablement négatifs pour le pouvoir, ce dernier s’autoproclamera largement vainqueur à l’issue de ce pseudo scrutin du 20 mars 2016. L’enjeu essentiel de cette mascarade intitulée abusivement « élections » pour l’opposition officielle, consiste à se donner une chance, même minime, susceptible d’enclencher le processus d’éviction du régime dictatorial de Brazzaville.

Selon un récent sondage (qui a filtré) datant de cette semaine, effectué pour les besoins stratégiques du pouvoir en place, il en ressort que Mokoko, le candidat du peuple arriverait en tête avec 37,5 % devant Parfait Kolélas à 18% et Okombi à 16 %, tandis que Sassou se situerait à un peu moins de 10 %.

Jugez-en.

Sassou Nganguia Tsaty Mokoko Okombi Kolélas Munari Kignoubi Mboussi
10% 0,4% 13% 37,5% 16% 18% 3,5% 0,7% 0,7%

 

Logiquement, un second tour s’impose, peut-être même sans Sassou, comme en 1992. Si l’opposition officielle exerce une vigilance accrue, sans faille ni complaisance, au lieu du coup ko, Sassou serait ko debout ! On s’acheminerait alors au schéma nigérien, avec un second tour non prévu par le pouvoir et un rival derrière les barreaux. Alors on ne serait pas loin de l’étincelle tant redoutée.

A quelques jours de l’échéance fixée au dimanche 20 mars 2016, la tension est à son comble tant la victoire annoncée du pouvoir pourrait prendre les allures d’un cauchemar. Il s’agit pour les cadres du PCT, parti présidentiel, du tout mettre en œuvre afin d’éviter ce qui est devenu une réalité avérée d’éclore officiellement.

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La ferveur autour de Mokoko et le yukimania de Kolélas donnent des sueurs froides au centre de calcul obscur du régime. A n'en point douter, le pouvoir n’avait pas intégré dans le fond l’éventuelle candidature de Mokoko. Pris de court et ne disposant plus de temps matériel pour procéder à sa magie inversant les résultats, c’est au culot que le pouvoir procèdera dès dimanche afin de se maintenir au pouvoir, comme ce fut le cas lors du pseudo vote référendaire.

A vrai dire, la bataille a déjà commencé. Pendant que Sassou scandait ses slogans du coup ko au Bd Alfred Raoul, au rondpoint de Poto-Poto, devant une foule en délire, Mokoko lançait la fronde contre un pouvoir corrompu en passe d’opérer un hold-up électoral. La bataille de chiffres s’en suivra dimanche, dont les plus folkloriques seront sans aucun doute ceux du régime.

Sassou semble être de plus en plus épuisé par sa propre histoire. Trente-deux ans de règne, ça use. En effet, la lassitude s’installe même pami ses soutiens d’hier. L’Union Européenne, pour qui un sou est un, n’a trouvé aucun intérêt à assister à ce qui est, au demeurant, une forfaiture. Quelques jours à Brazzaville ont suffi au représentant de la Francophonie afin de se rendre compte des méthodes antidémocratiques qui prévalent au Congo. L’OIF s’est honoré après son refus d’être le mauvais témoin d’un scandale d’Etat.

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Il est fort à parier qu’en cas d’affrontement, l’armée, dans sa frange congolaise, car il existe bien une branche étrangère (composée de tchadiens, rwandais, burundais, centrafricains, congolais de RDC...) proche du mercenariat, aura une attitude de bienveillance vis-à-vis des populations.

La vague hostile au régime de Brazzaville parait trop importante pour la soustraire de la réalité. Quelle stratégie adopter sachant que le pouvoir rendra publics, comme dans ses habitudes, des chiffres volontairement erronés voire fantaisistes en sa faveur ? Cette équation relève du combat des généraux. Justement, l’un et l’autre étant général, Mokoko et Sassou sont au pied du mur. Et en cette période du mois de mars où transperce l’esprit de Pâques, les congolais veulent croire à la crucifixion de ce régime dictatorial.

Abraham Avellan WASSIAMA

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