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Le jour du sacre de Sassou Nguesso et François Hollande

politique
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On ne pouvait pas espérer mieux. Le jour du sacre, hier, dans les urnes du tyran congolais a tourné court. Les Congolais majoritairement opposés au coup d’Etat constitutionnel de l’ami de François Hollande ont massivement affirmé leur hostilité au pusch, préférant rester chez eux plutôt que de continuer à essuyer les balles de la dictature militaire qui a déjà fait une trentaine de morts depuis plus d’une semaine et dont les hommes en armes quadrillent toutes les villes du pays, Bel exemple de la résistance pacifique d’un peuple qui n’en peut plus. Sa seule réponse à l’oppression dont il vit le martyre me laisse pantois et suscite toute mon admiration. Je m’incline.


Les medias et journaux internationaux ont relayé ce fiasco. Ce serait un miracle que le taux de participation atteigne les 5%, tant le scrutin a été boycotté sur toute l’étendue du territoire, sur ordre des leaders de l’opposition, assignés toujours à résidence et dont certains viendraient même à manquer des vivres et des médicaments pour ceux soumis à un suivi médical strict. Les journalistes, eux, ne sont pas les bienvenus. Notre confère et journaliste Christian Perin qui couvrait les meetings de l’opposition est porté disparu à Pointe Noire et sa vie est en danger. Idem pour Ghys Fortuné Dombé-Bemba, arrêté à Brazzaville par les hommes en armes du pouvoir et dont on est sans nouvelles.


La triche et Sassou, ça fait un. Hallucinant, ce témoignage d’un habitant de Ouenzé que j’ai eu au téléphone, affirmant, je cite : Hier, j’ai voté au référendum 7 fois dans 7 bureaux différents de Brazzaville et j’ai gagné 200.000FCFA. Naïvement, je lui ai demandé comment cela était possible puisqu’il ya de l’encre indélébile censée éliminer la fraude ? Il m’a copieusement raillé en m’invitant à descendre sur terre et à lui d’ajouter : C’est notre Bussiness à chaque élection des Nguesso. Mais ce n’est pas tout. On a également vu les prisonniers à la tête rasée, comme les bagnards sortis tout droit de Guantanamo, faire la queue devant certains bureaux de vote, avec des injonctions strictes de voter pour le OUI.
Mais, connaissant la mauvaise foi de ce régime et comme toute bonne dictature militaire qui se respecte, ce scrutin pourtant entaché de nombreuses irrégularités de fraudes (abstention, bourrage des urnes, vote contre argent …) est d’ores et déjà présenté aux yeux du monde comme un succès avec des taux de participation record. Sassou ne va quand même pas organiser un scrutin pour le perdre. Sinon à quoi aurait servi son obstination, contre vents et marrées à maintenir un référendum inconstitutionnel ?


Qu’on le veuille ou non, c’est un camouflet pour Sassou Nguesso et pas seulement, mais aussi pour le président français. Quelle honte François Hollande de vous être compromis avec un dictateur dont le pouvoir pue le sang des congolais. Sassou Nguesso, c’est à lui tout seul, pour vous qui semblez l’ignorer, 32 ans de pouvoir et de crimes odieux, le pillage organisé des ressources du pays et des deniers publics à son seul profit et son clan, des biens mal acquis en France comme partout dans le monde, le symbole de la misère des Congolais qui échouent en méditerranée, et cerise sur le gâteau, l’un des criminels en col blanc qui échappe encore à la Cour Pénale Internationale. En matière de CV, on ne peut guère rêver mieux, n’est ce pas ? Mais connaissant la réputation des services de renseignements français, on a vraiment du mal à croire que ceux-ci ne vous aient pas dressé le portrait sulfureux et à la fois glauque qui ferait fuir tout humain. Oui, Mr Francois Hollande, ce portrait-là, c’est celui de Sassou Nguesso, votre nouvel ami. Mais le mal est fait avec vos déclarations, les Africains s’en souviendront et entendent user de leur droit de vote, pour vous sanctionner et par ricochet le Parti Socialiste.


Les réseaux sociaux et les SMS coupés, depuis deux semaines donc, fort de l’aval de son parrain François Hollande, Sassou Nguesso consulte son peuple, mais avec des tirs à balles réelles. La terreur à pris le dessus et les enlèvements des voix discordantes se succèdent. La délation, rappelant les heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité fait loi. Exprimer son opinion politique devient très dangereux. Voilà la démocratie à la sauce Sassou.
Sassou a voulu passer en force, c’est son problème. Pour nous, ce référendum est nul et de nul effet. Inutile d’attendre toujours après les leaders de l’opposition, privés de parole et mis sur écoute, Si nous voulons donner une chance à notre combat pour le voir aboutir, nous devons absolument continuer la désobéissance civile pour paralyser le pays et faire plier Sassou. Il suffit pour cela, d’asphyxier Pointe Noire, la vache à lait des Nguesso et de respecter ce mot d’ordre sur tout le territoire. Ça prendra le temps que ça prendra, mais ça sera aussi efficace que ces balles perdues logées dans la tête de ces nombreux innocents, morts pour réclamer un Etat de droit. C’est le prix à payer pour notre liberté et espérer voir une véritable alternance démocratique.


Vivement Novembre, à Paris, pour voir François Hollande s’afficher aux côtés de son hôte africain très encombrant, au sommet de la Conférence des Nations unies contre le réchauffement climatique. Après tout, ça en vaut bien la peine. Pourquoi se cacher ?
La plume libre !

Diaz Mahindou

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Congo: plusieurs centaines d'opposants à Sassou Nguesso manifestent à Paris contre le référendum

 

(AFP 26/10/15)

 

Plusieurs centaines d'opposants congolais ont manifesté dimanche à Paris contre le référendum organisé dans leur pays sur un projet de Constitution ouvrant la voie à une nouvelle candidature du président Denis Sassou Nguesso l'an prochain.

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Evalués à 600 par la préfecture de police, les participants se sont rassemblés pendant plusieurs heures sans incident à proximité de l'ambassade du Congo, dans le quartier cossu du 16e arrondissement de Paris.

Samedi, ils avaient réuni environ un demi-millier de personnes pour une marche dans le centre de la capitale française.

Se revendiquant de la société civile congolaise, les protestataires appellent à signer un appel "Sassou Dégage", réclamant le départ du président qui a déjà passé plus de 30 ans au pouvoir.

Après avoir été reçue vendredi à l'Organisation internationale de la francophonie basée à Paris, une délégation doit s'entretenir lundi après-midi au Quai d'Orsay avec des représentants du ministère français des Affaires étrangères.

 

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