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Pako, mort pour le Congo

politique
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Il est totalement inouï qu’un candidat décède le jour de l’élection dans le silence le plus complet. Le Congo-Brazzaville un pays en proie aux drames les plus poignants vient d’allonger, une fois de plus, sa longue liste d’intrigues. PAKO est mort.

Sentant l’imminence de sa mort, et dans un dernier effort d’homme de conviction, l’homme a retiré son masque respiratoire afin d’insuffler à son pays un souffle de vie à travers un message dont la teneur est caractéristique des grands combattants pour la liberté : « levez-vous comme un seul homme, …, je me bats sur mon lit de mort, … ; vous aussi et battez-vous … faites-moi plaisir … battez-vous … pour le changement … il y va de l’avenir de vos enfants, battez-vous … ».

Les malheureux congolais, pris dans le tourbillon de la malédiction des drames les plus odieux, vont devoir continuer le combat de la liberté ainsi que celui du changement sans lui. Desserrer les crocs du régime Sassou aura valu aussi le sacrifice d’un Parfait Guy Brice Kolélas. N’est-ce pas suffisant, Sassou ?

Ce décès de PAKO, qui prend tout le monde de court, pèsera lourd dans la conscience collective.

Dans ce pays où la parole officielle est truffée de mensonges, la mort foudroyante du leader de YUKI par la Covid-19 suscite de nombreuses interrogations. Les pratiques du pouvoir de Brazzaville en matière d’élimination des opposants par le biais d’assiette roumaine ou autres méthodes macabres tendent à pointer du doigt le régime de Brazzaville. La rumeur publique avance déjà la thèse d’empoisonnement, les ténors du clan Sassou ayant activé eux-mêmes la radiotrottoir par Ayessa, un vieux faucon enclin à tous les excès.

Ces pseudos élections pour lesquelles nul ne se faisait d’illusion pourraient bien produire un miracle. PAKO, c’est peut-être lui, ce grain de sable qui enraillera toute cette mécanique dictatoriale bien huilée. En effet, c’est dans la signification de leur mort que certains morts catalysent une situation bloquée. Oui, il y a des morts, mais toutes les morts n’ont pas la même signification.

En trente-six ans de pouvoir, plutôt lugubre, et ce depuis son accession à la tête du Congo, Sassou s’est toujours payé des mandats additionnels en marchant sur des cadavres. Celui de Guy Brice Parfait Kolélas, lequel s’ajoute à une longue liste, risque d'être un caillou dans sa chaussure.

En effet, qu’il s’agisse de PAKO ou de Dzon Mathias, ces candidats ont bien respecté les règles de ces pseudos élections. Il revient maintenant à Sassou de respecter pour une fois ses propres règles en appliquant son propre article 70 dont le cas de figure s’est produit depuis vendredi 19 mars 2021.

Cet article stipule en toute clarté que si avant le premier tour, un candidat décède ou se trouve empêché, la Cour constitutionelle, saisie par le Chef de l'Etat ou le président de l'une des deux chambres du parlement, annule le scrutin et prononce son report…

C'est dire  que Sassou a une occasion de réorienter, par la force des choses, ses plans vers une transition ouvrant la voie à une alternance tant souhaitée.

Il convient, cependant, de s’incliner devant la mémoire de PAKO qui vient de nous quitter, et de penser ses proches et à tous ces congolais qui sont coupés du monde et touchés par cette brutale disparition. Vaillant peuple congolais, tu vaincras.

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