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Jeu, Aoû
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politique
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Malgré les morts et les blessés, les Congolais ne baissent pas les bras face à Sassou et à sa soldatesque surarmée. Certes, le dictateur à qui 32 ans au pouvoir ne suffisent pas est toujours là, et entend y rester jusqu’à sa mort, mais ils ont réussi à montrer à la face du monde le véritable visage de l’autocrate qui se prétendait converti à la démocratie. Non seulement ils ont cessé d’avoir peur de ce régime brutal qui ne se maintient que par la force, mais ils ont aussi permis à cette occasion de mettre à jour la collusion entre ce criminel corrompu et corrupteur et les intérêts néo coloniaux symbolisés par Hollande. Ce qui en soi constitue déjà une victoire non négligeable.

Si le dictateur congolais a perdu toute légitimité face au peuple congolais, il lui reste les moyens de l’Etat et la force armée. Ayant démontré que tirer sur des manifestants désarmés ne lui a jamais posé aucun problème de conscience, l’affrontement direct n’est donc pas envisageable à long terme à cause de son coût en vies humaines. Dès lors, la question qui se pose à l’opposition à partir d’aujourd’hui est celle de la stratégie et des actions de harcèlement susceptibles d’épuiser et d’affaiblir le pouvoir. Le défi n’est pas moindre car il convient de ne pas laisser le découragement gagner les rangs de nos compatriotes déterminés à en finir avec ce kleptomane à la tête de notre pays, tout en évitant les rangs de l’opposition d’être décimés par la répression.

La cohésion des leaders de l’opposition au cours de ces derniers mois a été une incontestable force de cohésion qui a permis et facilité la mobilisation des Congolais. Mais il faut se rendre à l’évidence que ce rassemblement hétéroclite tel qu’il fonctionne aujourd’hui n’est pas viable dans la durée, et ne ferait involontairement que le jeu du pouvoir. Si les chefs de parti regroupés autour du FROCAD et de l’IDC tiennent à mettre un terme au règne interminable de Sassou, ils n’ont pas d’autre alternative que de faire le deuil de leurs ambitions personnelles en mettant leurs moyens en commun au sein d’une même structure. Aucun de ces partis ne pouvant réellement se prévaloir d’être démocratique au regard de leur mode de fonctionnement actuel, c’est à une véritable mue, voire une révolution intellectuelle et politique qu’ils doivent accepter de se confronter. Comment ? En créant un seul grand parti, voire deux partis d’opposition alliés et implantés dans tout le pays. Un ou deux partis d’opposition solides et puissants unis par des accords de gouvernement et dirigés par des hommes ou des femmes élus démocratiquement non pas lors de congrès bidons, mais par le vote de tous les Congolais qui se reconnaissent dans l’opposition, à l’image des primaires aux Etats-Unis. Car, c’est bien beau de montrer du doigt la dictature du PCT, mais encore faut-il convaincre les Congolais qu’en chassant Sassou, nous ne substituerons pas une dictature à une autre ? Le combat contre Sassou ne doit pas cacher celui, tout aussi primordial, que nous devons mener au sein de nos partis pour nous imposer la démocratie que nous appelons de tous nos vœux dans notre pays. S’ils se montrent capables d’un tel saut, les leaders de l’opposition auront fait preuve d’une grande maturité politique dont notre pays a plus que besoin.

MK