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19
Jeu, Jan

General Mokoko
Typographie

 Mokoko : « Nous sommes dans un pays où tout peut arriver. Ici, c’est le règne de l’impunité. Il ne faut s’étonner de rien. Si j’avais tenté de fuir, de quitter clandestinement ma maison, quelque chose me serait arrivé sans que l’on sache exactement qui l’aurait fait. Je suis victime, comme bien d’autres, de l’arbitraire (...) Ma seule protection, c’est vous, les médias ». 

Jean Marie Michel Mokoko, encerclé depuis trois jours par des hommes armés aux ordres du pouvoir, dont certains cagoulés, craint pour sa vie, car un accident à la mode Sassou, à savoir être tué selon le scénario de la mort du cardinal Biayenda, est vite arrivé. Dépouillé de la garde à laquelle il a droit en tant qu’officier général, il est aujourd’hui à la merci du cartel d’Oyo. «  L'accès à ma maison leur [ses parents, ndlr] est interdit et moi-même je ne peux en sortir (…) Les policiers qui entourent la maison ne sont pas là pour me garder, ils attendent des instructions pour faire je ne sais quoi  (…) Je suis entouré par je ne sais pas combien de policiers. Seul mon cuisinier a eu la gentillesse de ne pas partir, pour ne pas me laisser tout seul (...) Nous sommes dans un pays où tout peut arriver. Ici, c’est le règne de l’impunité [1]. Il ne faut s’étonner de rien. Si j’avais tenté de fuir, de quitter clandestinement ma maison, quelque chose me serait arrivé sans que l’on sache exactement qui l’aurait fait » a-t-il confié, ajoutant : " On veut me faire passer pour quelqu'un qui est en intelligence avec une puissance étrangère et un chef d’Etat voisin pour déstabiliser le pays; on parle des Seleka et d'anti-Balaka. Du grand n'importe quoi ! Si la situation n’était pas si dramatique et oppressante, je pourrais en rire. On cherche la moindre petite bête pour me faire... je ne sais quoi " (...) Comment puis-je me défendre face à des miliciens et à des soldats armés et cagoulés qui m’entourent ? Je ne compte plus que sur une intervention de la communauté internationale pour que l’on me sorte de ce trou. J’espère une solution diplomatique, une médiation. A condition que le Congo ne tombe pas dans l’oubli. Car j’ai beau être un peu coupé du monde, j’entends que l’armée a ouvert le feu dans le Pool, que des hélicoptères ont été mobilisés et que des civils tombent sous les balles ».

 Ce que l'on reproche à Mokoko ? D'avoir mis en péril le fonds de commerce de Sassou, à savoir que ce dernier s'est toujours présenté à nos compatriotes du Nord comme leur rempart contre leurs "ennemis du Sud ", les " Bakongos ". Or Mokoko, homme du Nord, en réalisant ses meilleurs scores au sud du pays, a démontré que l'enjeu du scrutin du 20 mars dernier n'était pas ethnique. Une mise à nu du mensonge sur lequel Sassou a toujours prospéré. Plus grave, en un mois de campagne il a laminé et ridiculisé  dans les urnes le dictateur infatigable, lequel a pourtant mobilisé d'impressionnants moyens, dont des dirigeables et des drones ! Un péché impardonnable qu'il veut lui faire payer. " J’ai certainement commis un crime de lèse-majesté en décidant de me présenter à l’élection. Que l’opinion internationale voie qu’au Congo, une personne pour le seul fait qu’elle a le pouvoir, dispose de la vie des gens [1] et fait ce qu’elle veut dans notre pays  ", constate, amer, l'ancien chef d'état-major général, lequel lance un appel : " Ma seule protection, c’est vous, les médias ".

[1] Ndlr - Cf.  L'article 96 de la constitution sassouiste du 25 octobre 2015 octoie à Sassou un permis de tuer les citoyens congolais en toute impunité. Qu'on en juge : " Aucune poursuite pour des faits qualifiés crime ou délit ou pour manquement grave à ses devoirs commis à l’occasion de l’exercice de sa fonction ne peut plus être exercée contre le Président de la République après la cessation de ses fonctions. La violation des dispositions ci-dessus constitue le crime de forfaiture ou de haute trahison conformément à la loi ".

Cela ne s'invente pas : la réalité dépasse la fiction au Congo....

Lire les articles suivants

Général Mokoko : « Je suis cloîtré chez moi, tout peut m’arriver » (" La Croix ")

Congo-Brazzaville : « Peut-être vont-ils me tuer, mais je ne regrette rien » (" Le Monde " (8/4)

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Brèves

Charles Zacharie Bowao dénonce les crimes de Sassou dans le Pool

Charles Zacharie Bowao à propos des crimes que commet Sassou dans le Pool, à l’abri des regards : « Brutalement, on se met à bombarder dans le Pool des populations civiles qui sont dans la désolation complètement, des gens qui courent à gauche, à droite. On ne peut même pas leur apporter une assistance humanitaire. Ce n’est pas normal ça », s’insurge « Je pense (…) qu’il s’agit de gens qui ont été organisés par le pouvoir pour créer cet état de trouble pour permettre à la Cour constitutionnelle de valider les résultats du scrutin du 20 mars en faveur du candidat Denis Sassou-Nguesso, dans une atmosphère d’état de siège qui ne dit pas son nom, soutient-il.Monsieur Denis Sassou-Nguesso a perdu cette élection. Tout le monde le sait. Il veut s’accrocher au pouvoir. Voici la réalité. Et à partir de là, il faut créer cette atmosphère à la fois d’insalubrité publique pour donner l’impression qu’il y a des gens sortis on ne sait d’où, et qui veulent faire la guerre. »

De source informée, ces déclarations de Bowao lui vaudraient une prochaine interpellation par la police de Ndengué et un déferrement devant Oko Ngakala, le procureur du dictateur infatigable. Un " homme du Nord " s'apitoyant sur le sort de pauvres populations innocentes du Sud, alors que les principaux concernés tels Tchibambelela, Claude Nsilou, Landry Kolélas... se taisent et donc approuvent les massacres, complices, c'est anormal selon l'entendement des gens du cartel d'Oyo ! ...

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Le département d'Etat déçu...

La diplomatie américaine s'est dite dans un communiqué " profondément déçue par le processus électoral imparfait en République du Congo ". "Des irrégularités généralisées et des arrestations de soutiens de l'opposition dans la foulée des élections ont marqué un vote qui a pour le reste été pacifique ", a noté le département d'Etat.

 

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