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Les griots de Sassou

politique
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Pauvres griots. Ils ont perdu la raison, jeté leurs convictions à la poubelle, trahi leurs idéaux et vendu leur âme au diable. Comme  si cela ne suffisait pas, pour aller au bout de leur cynisme, avec un culot innommable, l’air sérieux, ils ont décidé de déféquer publiquement sur leur propre constitution-alibi. Celle-là même dont leur maître à manger et eux-mêmes disaient  le plus grand bien. Les masques tombent. Ils montrent leur vrai visage, celui des gens sans scrupules. A un an de l’échéance présidentielle, ils font volte-face et trouvent tous les défauts du monde à cette même constitution. Et ils demandent à ce qu'on leur fasse confiance alors qu'ils n'ont aucune parole.

Au départ, ils prétendaient avoir des convictions, combattu avec hargne Sassou et son système depuis l’Europe. Puis un matin, patatras. Ils ont fait leur valise, direction Brazzaville. Pour se mettre au service de qui vous savez.

Comme tous les nouveaux convertis, on les reconnait facilement à leur empressement à se montrer plus royalistes que le roi, quitte à tordre le coup à la vérité la plus élémentaire, soulevant même l'écœurement des vieux dinosaures du PCT, c'est tout dire.

Femmes et enfants soigneusement mis à l’abri en Occident, dans de bonnes écoles et soignés dans les meilleurs hôpitaux une fois malades aux frais du contribuable congolais, les griots de Sassou ont trouvé le job de leur rêve.  Grassement payés non pas pour servir le peuple, mais pour chanter les louanges de Sassou et pour prendre leur part au pillage organisé du pays.

Pour assouvir leur appétit vorace sans limites, ces zygotos nous ont imaginé la « Nouvelle République », ce gros slogan creux qui ne veut rien dire, mais qu'ils brandissent à tout va pour enfumer les pauvres Cons-golais qu'ils couvrent de tout leur mépris. En fait, ce sont eux qui ont le plus besoin de Sassou car une fois le tyran dehors, ils se voient déjà nus. Et la peur de se retrouver dans la mouise leur fait tout craindre. Imposer le maintien de Sassou au pouvoir jusqu'à sa mort est leur contrat d'assurance vie en or massif. Quand on a compris cela, on a compris pourquoi ils racontent n'importe quoi et seraient prêts à vendre leur mère pour conserver leurs tristes privilèges.

Le hic, c'est qu'ils n'avaient pas prévu la résistance des Cons-golais, qu'ils croyaient trop tétanisés par les souvenirs traumatisants de la guerre civile de 1997 pour réagir au rêve monarchique de leur maître. Une erreur d'appréciation pour laquelle ils n'ont pas fini de se mordre les doigts.

La plume libre !

Diaz Mahindou

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