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La stratégie terroriste de Sassou paie : Kolelas hisse le drapeau blanc. Capitulation ou cessez-le-feu ?

politique
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« Nous disons ne pas verser dans la polémique et nous acceptons le verdict, quoique discutable, de la Cour constitutionnelle (…) C’est avec un cœur serré et plein de tristesse que je m’adresse à tous ceux qui m’ont fait confiance : persévérez dans la foi qu’un jour nous ferons triompher les idéaux pour lesquels nous nous battons. Je sais qu’ils savent qu’il [aurait dû y avoir] un deuxième tour »,

Sassou transforme à présent la crise politique du pays en un problème avec le Pool. Comme d'habitude, il va s'amuser sur son terrain de jeu favori. En guise d'échauffement, il a fait pilonner par voie terrestre et aérienne les localités de Soumouna et de Mayama. On déplore de nombreuses victimes civiles. Au sud de Brazzaville, des hommes armés ont incité les populations à partir et les quartiers ont en partie été vidés de leurs habitants. Claude Nsilou, Tchibambelela et autre Landry Kolelas peuvent être fiers : ils devraient même applaudir à tout rompre leur maître à manger et pompier pyromane, pour le nettoyage ethnique... Bravo !

Parfait Kolelas, dont les militants sont ceux qui souffrent le plus de la violence de Sassou en tire les conséquences : il accepte le verdict de la Cour constitutionnelle croupion, lequel valide le hold-up du dictateur. Capitulation ou cessez-le-feu ?

« Nous disons ne pas verser dans la polémique et nous acceptons le verdict, quoique discutable, de la Cour constitutionnelle (…) C’est avec un cœur serré et plein de tristesse que je m’adresse à tous ceux qui m’ont fait confiance : persévérez dans la foi qu’un jour nous ferons triompher les idéaux pour lesquels nous nous battons. Je sais qu’ils savent qu’il [aurait dû y avoir] un deuxième tour »,

Autrement dit : Sassou a perdu les élections mais, comme il a des armes et tue les nôtres, disons, pour avoir la vie sauve, qu'il a gagné et, pour le reste, remettons-nous à Dieu. Celui-ci pourvoira... Fermez le ban.

Sans doute, c'est la mort dans l’âme que le fils Kolelas a dû faire un constat : dans l’opposition il est celui qui paie le plus lourd tribut à la folie meurtrière du cartel d’Oyo. Sassou et son clan mbochi le savent de toute façon de longue date, et c’est la raison pour laquelle Ndengué entretient depuis des années, au sein de milices composées exclusivement de jeunes mbochis, d’anciens ninjas qu’il utilise en cas de besoin pour aller faire le coup de feu à Bacongo, histoire de justifier ensuite un bombardement des quartiers sud et des villages du Pool. C’est ce scénario qui a été mis à exécution. Une fois la population des quartiers sud terrorisée par les tirs d’armes lourdes, il n’y a plus qu’à y envoyer des hommes en armes pour inciter celle-ci à décamper. Ainsi on transforme un désaveu électoral, une crise politique en une tentative du Pool de prendre le pouvoir, et que les nordistes se doivent de mater.

Une fois de plus, le piège a donc fonctionné. Devant les bombardements dans les villages du Pool et les morts, Parfait Kolelas a prudemment hissé le drapeau blanc, reconnaissant de fait la victoire du voleur et gangster politique. Capitulation en rase campagne ou demande de cessez-le-feu ? Allez savoir.

En attendant, pour faire bonne mesure, gageons que le dictateur infatigable se posera demain en garant de la paix et de l'unité nationale...

XXXXXXXX

Conférence de presse de Parfait Kolelas (6 avril)

Mesdames, Messieurs les journalistes,

Cette conférence de presse porte sur deux points :

Le premier point est relatif à la décision de la Cour constitutionnelle

Le deuxième concerne la situation sécuritaire dans Brazzaville Sud et le département du Pool.

 

I / Premier point : la décision de la Cour constitutionnelle

Le 20 mars dernier, le peuple congolais s'est rendu aux urnes pour choisir un nouveau Président de la République.

Le vote s'est déroulé globalement dans la paix ; nous avons, cependant, noté que dans certains bureaux de vote, les résultats n'ont pas été affichés, nos délégués ont été chassés et les fiches jaunes de transcription des résultats n'ont pas été distribuées ; violant ainsi l'article 99 nouveau de la loi électorale qui dispose :

« (...) Le président du bureau de vote; immédiatement après le dépouillement et le décompte des voix, rend public et affiche les résultats provisoires du scrutin devant le bureau de vote.

Il remet aux représentants de chaque candidat présents dans le bureau de vote le formulaire des résultats du scrutin dûment signé de toutes les parties (...) ».

De même, nous avons noté que pendant le vote et le dépouillement des résultats, les communications avaient été coupées. Ainsi, tous les candidats, à l'exception du candidat-président sortant, étaient coupés de leurs équipes électorales sur le terrain ; et cela en violation de l'article 25 de la Constitution congolaise qui prévoit :

« Tout citoyen a le droit d'exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, récrit, l'image ou par tout autre moyen de communication. La liberté de l'information et de la communication est garantie ; elle s'exerce dans le respect de la loi. La censure est prohibée ».

 Nous considérons, pour notre part, que ces faits ont entamé la transparence, la régularité et la justesse du scrutin contrairement à l'article 71 de la Constitution.

 Conformément aux dispositions constitutionnelles et législatives en vigueur en République du Congo, nous avons porté le différend électoral devant le juge constitutionnel, en charge du contentieux électoral, afin qu'il dise le droit.

 Nous avions pour cela, cinq jours à compter de la date de proclamation des résultats provisoires comme le prévoit l'article 72 de la Constitution et l'article 53 de la loi organique sur la Cour constitutionnelle.

 Dans sa décision du 04 avril 2016, le juge en charge du contentieux électoral, a rejeté notre requête au motif qu'elle aurait été déposée hors délai et pour défaut de timbre fiscal et frais d'enregistrement.

 Cela n'est pas vrai ! Et pour vous en convaincre, nous allons partir de deux hypothèses de travail.

 Hypothèse n°l :

 Si ces résultats avaient été proclamés, au plus tôt, le jeudi 24 mars, date à laquelle le délai du recours en contentieux devrait commencer à courir ; Et si dans le décompte des jours, nous excluons le dimanche 27 mars, et prenons en compte le lundi 28 mars (jour toutefois, férié pour cause de fête pascale), alors le dernier délai du dépôt de la requête serait le mercredi 30 mars. Et c'est la date à laquelle, nous avons déposé notre requête.

 Dans cette hypothèse, pour être hors délai, il faut inclure le dimanche 27 mars ; qui est un jour non-ouvrable.

 Hypothèse n°2 :

Si ces résultats avaient été proclamés, au plus le vendredi 25 mars, date à laquelle le délai du recours devait commencer à courir ; dans ce cas, en excluant le dimanche 27 mars, et en prenant en compte le lundi 28 mars, alors le dernier jour pour le dépôt de la requête serait le jeudi 31 mars.

 Mesdames et Messieurs,

 Non ! Nous n'avons pas déposé notre requête hors délai.

 Quant à l'absence présumée de timbre fiscal et frais d'enregistrement au bureau du greffe de la Cour constitutionnelle, le greffier nous avait fait savoir que cela était inutile, conformément à l'article 47 du règlement intérieur de la Cour constitutionnelle, du 11 janvier 2013, lequel comporte les dispositions suivantes :

 « (...) La procédure devant la Cour constitutionnelle est; quel que soit l'objet de la saisine, gratuite et secrète. »

 Le juge en charge du contentieux électoral ayant dit « son droit », sans vouloir verser dans la polémique, nous respectons sa décision. Cependant, nous allons nous concerter avec nos conseils juridiques, afin de savoir si un recours devant la Cour Africaine de Justice (CAJ) est possible.

 Toutefois, nous sommes en droit de nous poser la question sur ce qui s'est réellement passé à la Cour constitutionnelle. Peut-on accorder du crédit au témoignage ci-après, lu dans les réseaux sociaux; témoignage qu'aurait fait un membre de cette Cour ?

 Je refuse d'y croire, mais je vais vous le livrer quand même : «... C'est le plus mauvais jour de notre vie. Nous sortons de l'enfer, figurez-vous que nous avons été séquestrés, beaucoup de membres n'étaient pas au courant de l'ordre du jour, puisqu'on s'était séparé vendredi 01 avril 2016. La préparation des dossiers était encore au niveau technique. On prévoyait les premières réunions au plus tôt jeudi et donc les premières audiences relatives aux contestations des élections, pour vendredi et la proclamation pour samedi.

 Ce matin, à 10 heures, nous pensions que c'était pour une communication. A notre stupéfaction, dès que nous rentrions dans la salle, ce sont des chars et autres véhicules qui sont arrivés avec les consignes de proclamer les résultats aujourd'hui.

 Aucun membre n'a même eu le temps d'examiner ne fût-ce que le moindre procès verbal ou feuilles de pointage, on ne pouvait plus sortir, ils nous ont apporté des croissants et des rafraîchissements. Malgré nos explications sur le fait que séance tenante on ne pouvait rien faire ; on nous a répondu qu'on avait qu'à faire le copier coller de la décision de 2009 ; par la suite, déclarer la requête de KOLELAS irrecevable, sans le moindre état d'âme. On a dû s'exécuter.

Quant à nous, nous allons continuer notre route à la rencontre de notre destin ; et nous invitons dès à présent toutes les forces politiques qui croient en nous, à nous rejoindre pour une communauté de destin, pour redessiner le paysage politique et social congolais.

 

Il / Deuxième point : la situation sécuritaire dans Brazzaville-Sud et le département du Pool

  • Nous condamnons fermement toute forme de violence d'où qu'elle vienne.
  • C'est un montage et ce, afin de tuer dans l'œuf toute contestation qui viendrait de la proclamation des résultats définitifs de l'élection présidentielle.
  • Des tirs nourris aux armes légères ont été entendus, mais curieusement il n'y a pas eu d'impacts des balles sur les commissariats qui ont été attaqués.
  • Des informations des militants font état des scènes bizarres ; les populations auraient entendu des assaillants parler Lingala et puis d'autres dialectes non pratiqués dans le département du Pool d'où sont censés provenir les assaillants.
  • La situation d'aujourd'hui ne permet pas de déceler le vrai du faux. C'est pourquoi nous exigeons la mise en place d'une Commission d'enquête impartiale, composée d'experts nationaux et internationaux, pour mettre la lumière sur ces tragiques événements.
  • Actuellement, nous assistons au pilonnage des villages Soumouna, Kampa, Vinza, Mayama,...

Pourquoi cet acharnement sur des populations civiles ? Nous réitérons, une fois de plus, notre invitation à l'endroit des hommes d'Eglises et à la Communauté internationale pour qu'ils viennent au chevet du Congo.

 

Que Dieu bénisse notre pays !

 

Je vous remercie !