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Hommage à Marc Mapingou

Congo B
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Marc Mapingou. Un nom incontournable de la scène politique de la Diaspora congolaise en France depuis une vingtaine d’années. Depuis que Pascal Lissouba l’avait désigné pour être son directeur de la campagne lors de la présidentielle de 1992.

Il a alors été de tous les combats de l’opposition à l’étranger, et le dernier en date, lors de la présidentielle de 2016, quand le général Jean Marie Michel Mokoko le désigna comme son porte-parole.

Il était actif aussi bien sur les sites Internet de l’opposition que sur les radios et chaines de télévision françaises.

Marc Mapingou avait de qui tenir : son père, Basile Mapingou avait été député de l’UDDIA, parti de l’abbé Fulbert Youlou, premier président du Congo, au début des années 60.

Marc Mapingou s’est éteint le 5 Mai dernier à l’âge de 63 ans, dans une clinique de Neuilly sur Seine, en région parisienne. Il a succombé au Covid-19, comme des dizaines de Congolais en France. De nombreux témoignages lui ont d’ores et déjà été rendus. L’enterrement aura lieu en France, dans un premier temps, avant un rapatriement programmé à Zanaga, au Congo.

 

Hommage de la famille Mokoko

Depuis sa cellule de la Maison d’arrêt de Brazzaville où il purge une peine injuste de 20 ans d’emprisonnement, le Général Jean-Marie Michel Mokoko, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de mars 2016 et à qui on a volé la victoire, s’adresse, au Paul Mapingou, « grand-frère » de Marc.

Jean marie1

Message du Général Jean Marie Michel MOKOKO à la famille MAPINGOU Suite au décès de son frère et Ami Marc,

Brazzaville, le 6 Mai 2020

A notre Cher Aîné L’Ambassadeur Paul MAPINGOU
ET LA FAMILLE MAPINGOU,


Mon ‘’Grand ’’,


Marc et moi lorsqu’il nous arrivait de nous rappeler à votre souvenir, nous appelions affectueusement ainsi. Dans cette épreuve que nous traversons, j’aimerais que vous transmettiez le message que je vous adresse à toute la famille MAPINGOU.
C’est ce matin qu’avec une grande tristesse, j’ai appris le deuil qui vient de nous frapper. Marc, mon cadet et mon Ami s’est éteint, alors que les nouvelles qui m’étaient parvenues il y a quelques jours sur son hospitalisation incitaient à l’optimisme.
Je sais que la famille et vous-même êtes dans un état d’incompréhension et de stupeur, que tout être humain connait dans ces moments là.

Dans l’état de prostration que m’a causé cette terrible nouvelle, bien que plongé dans un état second, il m’est revenu en mémoire, le contenu du livre de la vie, livre suprême qu’on ne peut ni fermer, ni ouvrir à son choix. On voudrait revenir à la page que l’on aime et la page de chagrin est déjà sous vos doigts.

En vérité, je ne trouve pas les mots pour exprimer ma tristesse et mon désarroi, à telle enseigne que devoir lever un coin du voile du répertoire dense de ce qui nous liait est douloureux et insupportable. Il faut bien, puisque les usages en pareille occurrence commandent de témoigner. Je me contenterai de rappeler que c’est dans les couloirs du Palais des Congrès, pendant la Conférence Nationale Souveraine que nos routes se sont croisées. Depuis les liens ainsi tissés n’ont cessé de se consolider. Il nous a fallu à cette époque que de quelques moments, de rencontres furtives, pour que nos esprits s’accommodent. Tout se fit naturellement, et depuis, nous ne nous sommes plus quittés.

Notre cheminement, à travers les vicissitudes auxquelles nous a contraint la vie est comparable à celui que décrit Christian JACQ, dans son étonnant roman ‘’ Le Moine et le Révérend ‘’, qui retrace l’itinéraire de la naissance et l’aboutissement d’une amitié - dont les apparences trompeuses vouaient à l’improbabilité -, entre deux personnages aux aspirations diamétralement opposées. Cet ouvrage qui m’avait été recommandé par Marc, est quasiment devenu mon livre de chevet, tant la description de la Condition Humaine y est fortement cernée.

Mon ‘’Grand ‘’, il m’est difficile d’accepter le nouveau coup du sort qui nous accable une fois de plus. Dans des conditions de confinement imposées par les autorités, il ne sera probablement pas possible aux Amis et proches de Marc de lui rendre l’Hommage qui sied à cet Homme ouvert, cet intellectuel Humaniste dont le désir obsessionnel était toujours de construire les ponts entre les personnes d’horizons variés et divers. Admirés des uns, il était parfois à tort incompris de ceux qui n’acceptaient pas son élégance holistique tant dans son maintien que dans ses manières, parce qu’ils se contentaient de le scruter plutôt que de chercher à connaître l’homme qu’il était. Ces contempteurs mal avisés, laissaient libre cours à l’expression de leur envie et jalousie qui est le propre des incultes. Pour nous qui le connaissions et avions cheminé avec lui, nous admirions parmi tant d’autres qualités : son entregent discret ayant grandement contribué à construire des passerelles qui, à son corps défendant, ont permis de réduire des fractures nées des antagonismes farouches, dont l’évolution aurait pu conduire à des errements dommageables pour notre pays. Ces belles actions ne sont connues que de d’une infinie minorité de ses proches, car il n’était pas homme à se couvrir de lauriers. L’essentiel à ses yeux était d’œuvrer, à son niveau, au RASSEMBLEMENT, à la Réconciliation et à l’unité de Notre Nation.

Mon « Grand » ! De là où je suis je ne cesserai de penser à mon frère Marc. Lorsque l’occasion me sera offerte, comme me l’avait suggéré un de nos amis communs, dans le réconfort qu’il m’avait apporté dans un récent deuil qui m’a frappé : je regarderai le ciel tous les soirs pour contempler les étoiles, dans l’espoir de voir Marc nous faire un signe pour nous dire simplement : qu’il a rejoint tous ceux des nôtres qui l’ont précédé dans un monde sans haine, sans injustice et sans méchanceté.

Marc ne sera pas là pour voir comme nous l’espérions, se lever l’aurore resplendissant d’un Congo se relevant de ses cendres, mais nous lui resterons reconnaissants pour sa contribution inestimable destinée à servir ce dessein.
Mon cher Grand-Frère, dans notre chagrin, comme aimait le dire Marc, peut-être serions-nous tentés d’imiter Job de la Bible en nous interrogeant sur la cruauté du destin ; en ce qui concerne Marc, nous pouvons nous consoler car bien que parti, il a semé et partagé avec tant d’autres convertis sa foi en un Congo beau, fort et uni, qui naîtra de ses centres.
Que nos prières l’accompagnent afin que Notre Père Divin, dans son immense bonté l’assiste de ses grâces et l’accueille dans son Royaume.

Merci cher Grand-Frère, et je vous prie de recevoir nos condoléances les plus émues que vous voudrez bien transmettre à toute la famille Mapingou.

Général Jean Marie Michel Mokoko

Safy SOW MOKOKO 2

Hommage de Madame Mokoko

À un frère toujours présent et qui même dans l'absence demeure présent.

Cher Marc,

Nous n'avons pas de mots pour dire notre compassion, notre peine à la douleur des tiens qui est nôtres. À tous les épisodes difficiles de notre histoire tu as toujours été là. Quand ton grand frère le Général était au Chômage après la guerre, ostracisé et marginalisé tu étais là présent, tu venais lui apporter soutien et réconfort pendant la traversée du désert au début des années 2000.

Quand au lendemain des élections de 2016, le Général est devenu non grata aux yeux des institutions de son pays, une fois de plus tu as été à ses côtés. Et depuis qu'il a été injustement emprisonné, tu ne dors plus, cette injustice commise à son égard tu l'as combattu jusqu'à ton dernier souffle. Et plus que de l'activisme, tu as été pour moi l'épouse meurtrie et mes enfants un vrai bokilo, plus proche et compatissant que beaucoup d'autres.

Et même si la distance nous séparait, tu ne manquais pas régulièrement de prendre des nouvelles de la famille et bien plus encore tu cherchais toujours des solutions pour la libération de ton grand frère. Aujourd'hui le Congo te pleure mais c'est avec fierté que nous gardons ta grandeur et ton patriotisme dans nos s car ton combat n'a pas été vain. C'est le combat d'un homme d'engagement et d'honneur dont le nom et l'histoire sont synonymes de la lutte pour un Congo intègre, un Congo équitable et surtout un Congo prospère et Démocratique. Ces valeurs que tu as transmises et pour lesquelles tu as tout sacrifié font de toi une icône dans le panthéon du nouveau Congo à venir.

Merci Marc pour ta solidarité quand tous nous ont abandonnés, ton amitié quand même nos proches nous montraient du doigt comme ennemi, ton soutien inestimable tout au long de ces années, tes conseils avisés. Tu laisses un pays meurtri, un grand frère digne toujours enfermé mais qui grâce à des frères comme toi garde la foi et le moral. Tu es parti mais ton esprit demeure, ta foi en un Congo émancipé, développé et libre survit à travers tes idées et ton héritage pour ce pays pour qui tu as tout donné au détriment de ta famille.

Au nom du Général Mokoko, de nos enfants et de toute la famille, nous te remercions infiniment Marc Mapingou car des hommes comme toi il n'y en plus beaucoup. Que ton âme repose en paix et que le Seigneur fortifie ta famille en cette période trouble pour l'humanité.

Safy Sow MOKOKO