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Le Congo de Sassou, en panne de lumières

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Sassou, dans le domaine du développement économique du pays est tout sauf un visionnaire. Et ceux qui l’entourent, à savoir les Ndengué, JDO et autres camarades membres du PCT bref toute sa clique mbochi, sont loin d’être des lumières. Et c’est là le drame du Congo.

Lu chez notre confrère « les Afriques » (11/07/16) dans un article intitulé : « Congo: le décollage économique se fait attendre »

« La performance économique du Congo au cours des trois dernières années n’a pas permis de réaliser les objectifs de développement fixés à l’horizon 2025. Le pays reste fragile et confronté à des défis considérables, à savoir un taux élevé de pauvreté et de chômage, de fortes inégalités sociales et des services publics dans l’ensemble peu accessibles et peu efficaces. Le tout dans un climat de fortes tensions politiques. Pour le Congo-Brazzaville, la croissance économique sera modérée à moyen terme, avec des prévisions de progression annuelle de 3 % en moyenne sur la période 2016-2018, selon les estimations de la Banque mondiale (…) Le pays détient d’importantes réserves de pétrole, près de 22 millions d’hectares de forêts naturelles et une grande superficie de 10 millions d’hectares de terres arables. Le Congo possède également l’un des réseaux hydrauliques les plus développés, un climat propice à l’agriculture, des ressources minières et une biodiversité qui revêt une importance mondiale et contribue à lutter contre le changement climatique en régulant les gaz à effet de serre. À cela s’ajoutent une position géographique stratégique en Afrique centrale, avec une façade maritime de 170 kilomètres sur l’océan Atlantique et un port en eau profonde à Pointe-Noire dont pourrait bénéficier l’ensemble de la sous-région. Pourvue d’importantes ressources naturelles avec une population peu nombreuse de 4,1 millions d’habitants, la République du Congo a le potentiel nécessaire pour devenir une économie émergente dans les 15 à 20 prochaines années, prédit la Banque mondiale. Pour ce faire, il est impératif que ses décideurs prennent les mesures et les actions adéquates ».

Notre confrère met le doigt sur une tare dont souffre l’économie congolaise.

En effet, plus de cinquante ans après l’indépendance et après plus de trente ans de pouvoir du clan d’Oyo, notre pays continue de vivre de la « la chasse » et de « la cueillette » de pétrole et de bois. L’agriculture est érigée depuis des décennies au rang de slogan : « l’agriculture priorité des priorités » ; « autosuffisance alimentaire en l’an 2000 », entend on depuis les années 70.

Le bilan : les congolais importent presque tout ce qu'ils mangent, y compris les simples oeufs, et cela pour des centaines de milliards de Francs CFA.

L’industrie ? Sassou avait promis l’industrialisation du pays au terme de son dernier mandat. On n’en voit guère la couleur. Au contraire.

Le chômage, surtout celui des jeunes, atteint des sommets. Plus de 60 % des 24/35 ans, selon les organismes internationaux,  sans compter qu’une génération de Congolais a atteint l’âge de la retraite sans avoir jamais travaillé et continue à vivre sous le toit des parents. Pourtant Sassou, lors d’un discours à la Nation il y a trois ans indiquait que le Congo avait atteint le plein emploi, le taux de chômage dans le pays étant selon lui de 6 %. On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi dans son discours d’investiture cette année il a placé la question du chômage au cœur de son nouveau « mandat »…

A la vérité, n’en déplaise à notre confrère du journal « les Afriques », les seules ressources naturelles n’ont jamais aidé au développement d’un pays. Sans quoi l’Arabie saoudite, le Venezuela, gros producteurs de pétrole seraient les plus grandes puissances de la Terre. A contrario, la Belgique, le Japon, la Corée du Sud, des pays sans grandes ressources naturelles émargeraient parmi les pays pauvres.

La réalité est que le développement ou l’émergence d’un pays suppose des capitaux, de l’effort (du travail) et la confiance qu’inspire au peuple des dirigeants éclairés, ce dernier facteur constituant le liant indispensable entre les premiers éléments.

Or au Congo, si nous avons des capitaux tirés des différentes ressources, ils sont soit volés, soit dilapidés par le clan d’Oyo dans des projets le plus souvent non rentables (équipements sportifs  pour les jeux africains, aéroport  militaire d’Ollombo, les éléphants blancs de la « municipalisation accélérée »).

Le travail ? Partisan du moindre effort le clan mbochi d’Oyo au pouvoir a érigé l’enrichissement rapide et facile en modèle d’ascension sociale. Sous Sassou, il vaut mieux être soldat, conseiller municipal ou membre du PCT plutôt que médecin par exemple. Un médecin après 7 ou 9 années d’études gagne péniblement les 200 000 FCFA (300 euros environ) là où un député, même illettré culmine à 3 ou 4 millions de FCFA (4 500 à 6 000 euros environ), sans compter qu’il bénéficie de véhicules de fonction tout terrain et autres avantages. C’est dire que l’éducation et la formation, des secteurs sur lesquels a misé un pays comme la Corée du Sud est le parent pauvre de la politique de Sassou, dans un pays où les effectifs dans les établissement scolaires sont pléthoriques et où les enfants dans le primaire s’asseyent à même le sol, faute de tables-bancs.

La confiance du peuple à l’égard du pouvoir ? Sassou n’a jamais été élu démocratiquement en plus de trente ans de pouvoir. Usé par le pouvoir, il a pu constater son impopularité dans le pays lors de la dernière élection présidentielle, ce qui ne l’a pas empêché de se maintenir par la force armée.

Mais la dictature, me dira-t-on, n’est pas toujours un frein à l’émergence. On le voit pas exemple aujourd’hui en Ethiopie ou hier chez les « dragons asiatiques ».

La remarque n’est pas complètement fausse. Encore faut-il avoir à la tête de l’Etat  un ou des visionnaires.

Or Sassou dans le domaine qui nous occupe, est tout sauf un visionnaire. Et ceux qui l’entourent, à savoir les Ndengué, JDO et autres camarades membres du PCT bref toute sa clique mbochi, sont loin d’être des lumières. Et c’est là le drame du Congo, un pays qui continuera à plonger dans les ténèbres malgré ses ressources naturelles et humaines, son positionnement géographique, tant que le clan d’Oyo répandra sa médiocrité tous azimuts.