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Sassou s’est fait réélire à plus de 60% dans un pays qui le désapprouve à 90%

L'Express (1/4)

L'élection de Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville: "l'automne du Patriarche"

Le président s'est fait réélire à plus de 67% dans un pays qui le désapprouve à 90%. Et ce désaveu est si manifeste à Pointe-Noire, la deuxième ville du pays, que le gouvernement a estimé inutile de prendre en compte les voix de cette cité. Un peu comme si en France on écartait Lyon ou de Marseille pour une élection présidentielle ! 

Je retiens que, comme ironisait Le Canard Enchaîné, Denis Sassou Nguesso aura inventé "l'élection présidentielleà huis clos" -en coupant tous les moyens de communication pendant quatre jours-, affichant aux yeux du monde entier son admiration pour les méthodes de la Corée du Nord alors que la liberté des peuples se mesure aussi à l'aune de leur capacité à accéder à l'information. 

Le Congo-Brazzavilleest ma terre d'origine, le territoire de mon enfance, de ma jeunesse et le centre de gravité de mon univers littéraire. Mon rôle de créateur est de ne pas me croiser les bras dans "l'attitude stérile du spectateur", comme dirait Césaire, mais d'entendre les doléances de ces jeunes Congolais qui m'écrivent, m'implorent d'amplifier leurs voix afin qu'elles dépassent la cage dans laquelle ce régime est en train de les enfermer. 

Lorsque ce président est arrivé au pouvoir en 1979, j'avais 13 ans. J'ai vécu au rythme des coups d'Etat, d'assassinats politiques, comme ceux du président Marien Ngouabi, de son prédécesseur Alphonse Massamba-Débat, du cardinal Emile Biayenda, tout cela la même année, en 1977, dans la même semaine, entre le 17 et le 25 mars! 

Je ne voudrais pas que mes petites soeurs, que mes petits frères vivent dans la frayeur et qu'ils s'imaginent, dans leur désespoir, que le monde a toujours été ainsi: la liberté pour les uns, parce qu'ils sont nés du bon côté; l'abaissement pour les autres, parce que le destin l'aurait voulu ainsi...

 

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Ndlr - Les illustrations sont de Mwinda.

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Paris aurait eu peur de la vengeance de Sassou...

Dans un article intitulé « L'éternel paradoxe de la diplomatie française en Afrique » le quotidien français « Le Figaro » (31/3) a écrit :

(…) Le scrutin à Brazzaville, le 20 mars, a déjà illustré l'embarras des  diplomates. Le vote fut organisé de manière désastreuse, avec des  opposants mis sous pression, les réseaux de communications coupés, des journalistes molestés, le tout pour conduire à une réélection triomphale, avec 60 % dès le premier tour, de l'indéboulonnable Denis Sassou Nguesso, « DSN », président du Congo depuis plus de trois décennies. Les dérapages du scrutin étaient évidents, mais Paris n'a pas pour autant protesté. (…) En fait, les raisons qui justifient tout, aux yeux du Quai, sont au nombre de trois. D'abord, les intérêts économiques. Ensuite, la peur de voir le Congo sombrer dans la violence. Enfin et surtout le risque de voir « DSN » chercher à se venger en déstabilisant le pays voisin, la Centrafrique où Paris vient de parvenir, à grand-peine, à organiser l'élection d'un président légitime (…)

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Mokoko écrit


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