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J'ai compris
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Dim, Avr

A la grande surprise du clan au pouvoir et de ses zélés serviteurs, les Congolais ne se sont pas laissé impressionner par les chiens de garde de sa police et de sa soldatesque. Partout dans le pays, le chant de la révolte gronde. A l’unisson, les Congolais crient leur colère et demandent au satrape de dégager. Le Congo, qu’il a allègrement pillé durant 32 ans, n’est pas sa propriété.

L’affluence et la ferveur populaire manifestes à chaque meeting de l’opposition expriment sans ambiguïté le rejet de ce régime dont les seules assises étaient jusqu’ici la peur, la triche et la corruption. Les aveux publics d’Okombi Salissa et d’autres anciens barons sassouistes passés dans les rangs de l’opposition sur les méthodes du PCT pour se maintenir au pouvoir confirment ce que nous savions déjà et répétons depuis des années : Sassou ne peut pas gagner une élection transparente dans ce pays.

Un spectre hante Sassou : le spectre des disparus du Beach. Tremblant de peur à la seule évocation de la CPI, Sassou vient de dévoiler sa véritable face : celle d’un tigre en papier qui croit pouvoir échapper à son destin en s’abritant derrière un texte sans équivalent dans le monde, et pour cause : il autorise cyniquement le crime des Congolais et absous par avance les crimes passés et à venir de cet être étrange et dangereux au prétexte qu’il va s’autoproclamer chef d’Etat.  Pire Sassou, en avouant ses crimes voudrait, en truquant leur vote, que tous les Congolais soient ses complices.

Pourquoi attendre jeudi pour se retrouver en réunion de crise ? Quatre jours après l’annonce de Sassou, vous vous rendez compte ? Ce sont quatre jours de perdu. C’est dans l’heure, messieurs, qu’il vous aurait fallu vous retrouver pour décider de la riposte. Là, rien. Nada. Zéro pointé. Si c’est avec une telle passivité que vous pensez nous débarrasser de Sassou, vous pouvez aller vous rhabiller, messieurs. Mieux vaut tard que jamais, mais c’est le genre de connerie qui coûte cher.

Si l’opposition a des chances de se faire entendre par les Congolais, elle ne doit absolument pas reprendre le discours du pouvoir en parlant de referendum et de changement de constitution. Elle doit annoncer clairement l’enjeu, qui se résume en une seule phrase : « Après 32 ans au pouvoir, Sassou entend y mourir et laisser la place à son fils pour nous réduire en esclavage. » Phrase à marteler matin, midi et soir dans toutes les langues de notre pays. Et d’inviter nos compatriotes à dire non à la monarchie des Sassou.

Président de l’Union pour le Congo (UPC), un de ces micros partis qui prolifèrent en ce moment à Brazza, Paulin Makaya s’époumone en vain pour convaincre, selon son expression, les « chiens de garde » au service de Sassou, de le laisser passer pour rejoindre ses militants à son meeting programmé à Madingou. Son parti n’a aucune existence administrative, lui répond un capitaine zélé.

En 2016, il aura passé 32 ans au pouvoir. Vous avez bien lu : 32  C’est énorme. En 32 ans, il aura connu et croisé Sédar Senghor, Ahmadou Ahidjo, Sadate, Agostino Neto, Julius Nyerere, Sékou Touré, Amin Dada, Mobutu, Omar Bongo, Mengistu Hailé Mariam, Siad Barre, Habib Bourguiba, Houphouët-Boigny, Eyadema, Houari Boumediene, l’apartheid, l’OUA, mais aussi Giscard, Brejnev, le maréchal Tito, Enver Hoxha. Il aura raté de peu Mao Tse Toung, Salazar, Franco et Bokassa.

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