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30
Jeu, Mar

politique
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 Pour Kolelas, l’opposition dite radicale ferait désormais partie du passé. Ce qui l’obsèderait le plus aujourd’hui, c’est comment expliquer son retour au bercail (un virage politique à 180 degrés ou une tête à queue) auprès de ses militants et sympathisants. Invoquera-t-il une fois de plus le vent, sa boussole ?

Tribune libre

C’est l’histoire telle qu’elle est racontée du côté du pouvoir au Congo. Réalité ou manipulation ? L’avenir nous le dira. Pour l’instant, jugez-en.

Le fils de Bernard Bakana Kolélas l’aurait écrit noir sur Blanc dans une lettre adressée à son « deuxième papa », Denis Sassou-N’Guesso, peu avant son voyage pour l’Hexagone. Il semblerait que cette « missive de repentance » ait été le sésame qui lui aurait grandement ouvert les portes de sortie du pays, nanti d’un passeport diplomatique.

Et pourtant, auparavant, Guy Brice Parfait Kolélas n’était pas sûr d’obtenir un tel document de voyage, malgré son statut d’ancien ministre. En désespoir de cause, il avait même demandé un passeport ordinaire tant il voulait se rendre à Paris pour des soins médicaux.  De fait, ce titre de voyage lui avait été établi en bonne et due forme. Mais problème : il lui avait été demandé d’aller le retirer lui-même à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) !  Le leader de Yûki aurait pris peur, flairant un piège du pouvoir consistant à lui mettre le grappin dessus, d’autant plus que pointait à l’horizon le procès des « événements du 4 avril 2016 »,  une affaire dans laquelle il serait abondamment cité.   

Ne voulant donc pas aller se jeter dans la gueule du loup, Guy Brice Parfait Kolélas aurait alors demandé à Anguios Engambé, ancien candidat à la dernière élection présidentielle, d’aller lui retirer son titre de voyage à la DGST. Mais ce dernier essuiera un refus à peine voilé des services de renseignements congolais.

L’ayant appris, Guy Brice Parfait Kolélas aurait alors compris que tous ces subterfuges consistaient simplement à lui faire savoir qu’on n’était pas prêt à le laisser sortir du pays. Le leader de Yûki sombra alors dans le désespoir et l’incompréhension. Et pourtant il avait tout fait pour faire amende honorable vis-à-vis de son "deuxième papa » qu’il avait osé défier lors de la dernière élection présidentielle. N’avait-il pas pris acte de sa victoire controversée ? N’avait-il pas pris ses distances vis-à-vis du FROCAD et de l’IDC ? Et, enfin, ne s’était-il pas rapproché de Kignoumbi Kia Mboungou et d’Anguios Engambé, deux personnalités sulfureuses dont peu de Congolais doutent qu’ils roulaient pour Denis Sassou-N’Guesso, malgré leur étiquette d’opposant ?

Guy Brice Parfait Kolélas aurait alors compris que tout cela ne suffisait pas. Il lui faisait donner un gage plus sûr. C’est alors qu’il aurait écrit cette lettre au dictateur à travers laquelle il prenait l’engagement de se ranger dorénavant, lui et son Yûki, dans la mouvance présidentielle.

 Il semblerait que c’est cette lettre justement qui aurait fini par rassurer son « papa ». Tout de suite, des consignes auraient été données pour que lui soit attribué dans un bref délai un passeport diplomatique. Avec en prime de quoi couvrir tous les frais de son voyage en France. On est bien élevé chez les Nguesso…

Quelques jours après, lorsque le ministère des Affaires étrangères appela Guy Brice Parfait Kolélas pour lui demander d’aller retirer son passeport diplomatique, ce dernier aurait sauté promptement dans son 4x4. Le fameux document lui aurait été remis personnellement par le secrétaire général des AE himself.

En retirant son passeport diplomatique, Guy Brice Parfait Kolélas, heureux, se serait montré volubile, lui d’habitude réservé. Ses premières paroles auraient été les suivantes : « moi et le président de la République nous sommes toujours en contact. Il restera mon père. Pour la crise du Pool, nous travaillons à une solution pacifique… », et bla bla bla et bla bla bla !

Depuis, Guy Brice Parfait Kolélas se serait juré d’être prudent comme un sioux, histoire de ne plus tomber en disgrâce une nouvelle fois. A Paris où il a séjourné plusieurs semaines, il rasait les murs, se retranchant dans un mutisme prudent. Pour lui, l’opposition dite radicale ferait désormais partie du passé. Ce qui l’obsèderait le plus aujourd’hui c’est comment expliquer son retour au bercail (un virage politique à 180 degrés) auprès de ses militants et sympathisants. Invoquera-t-il une fois de plus le vent, sa boussole, pour expliquer qu'il avale son chapeau ? 

Germain Victorien Balossa

Notre commentaire

Les jeunes antilopes qui quittent leur mère (leur "deuxième papa" en l'occurrence) se retrouvent...sur le tam tam, enseignaient nos ancètres. Sassou aura beau jeu de le lancer et de jouer au sage qu'il ne sera jamais, dans le cas où Kolélas (décidemment un enfant de son père) réalisait le tête à queue décrit ci-dessus.

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