REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris
23
Dim, Avr

politique
Typographie

Voilà du travail de pro : propre et bien fait, pas de sang versé. Ainsi en est-il du sort que réserve à ses prisonniers le clan au pouvoir. Prochains sur la liste : Mokoko, Okombi Salissa, Paulin Makaya ?

RFI

Le colonel Marcel Ntsourou, ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité (CNR), est décédé ce vendredi à la mi-journée à l’hôpital militaire de Brazzaville. Il y avait été transféré après un malaise qui l’a plongé dans le coma à la maison d’arrêt où il était incarcéré depuis 2014. Une information donnée à RFI par l’un de ses avocats, Me Eric Yvon Ibouanga. Le colonel Ntsourou avait été jugé successivement en 2013 et 2014 et condamné aux travaux à perpétuité pour atteinte à la «sûreté de l’Etat». Bras droit du président Denis Sassou-Nguesso qu’il a aidé à reconquérir le pouvoir par les armes en 1997, il était tombé en disgrâce après les explosions meurtrières dans un dépôt de munitions de l’armée en mars 2012 à Brazzaville.

© RFI

Notre commentaire

Ntsourou n'était pas un saint, loin de là, et on ne le pleurera pas beaucoup dans les chaumières au Congo. Il reste que sa mort en détention, sans doute suite à des mauvais traitements et à un manque de soins (1), jette une lumière crue sur la cruauté du régime en place au Congo, leque vient peut-être de se débarasser là d'un autre témoin gênant de l'affaire des " disparus du Beach ", après Blaise Adoua. La rue congolaise ne manquera pas de s'inquiéter sur la situation d'autres détenus comme le général Mokoko, Okombi Salissa ou Paulin Makaya qui ne sont pas à l'abri d'un " malaise " susceptible de les conduire eux-aussi au cimetière. On rapporte déjà par exemple que de longue date l'ancien chef d'état-major dormirait à même le sol car, connaissant les méthodes du clan, il craindrait que son lit n'ait été enduit d'un poison lent, mortel.

Les prisons congolaises sont pleines, il faut les vider d'une façon ou d'une autre...

(1) Selon une source pénitentiaire qui a requis l'anonymat, " M. Ntsourou est tombé dans sa cellule vers 11h00. Il est entré dans un profond coma. Dans le véhicule qui le conduisait à l’hôpital militaire pour une réanimation, il a vomi abondamment du sang. Il a finalement rendu l’âme ".

Pour Trésor Nzila de l'OCDH, « Il faut qu'il y ait une expertise médicale et une enquête indépendante pour faire la lumière sur son décès. Les conditions de détention dans la quasi totalité des prisons du Congo sont très mauvaises. Quand il a été arrêté il était en bonne santé. Sa santé s'est dégradée après son emprisonnement puisqu'il y avait déjà des alertes par ses avocats, ses proches. (...) A première vue, ce décès peut être une suite de mauvaises conditions de détention (...) La situation de Marcel Ntsourou n'est qu'un cas de plus, nous enregistrons des décès en cascade dans nos prisons. D'autres prisonniers auraient déjà dû être jugés et sont encore en prison, mais la justice est incapable de les juger, ils sont en situation de détention arbitraire, leur état de santé se dégrade. Donc nous pensons que le décès de Ntsourou doit interpeller les autorités pour humaniser les prisons et libérer les détenus malades et organiser des procès pour ceux qui sont en attente. »

Mwinda sur Twitter

Facebook