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D’ordinaire, selon les règles de bienséance en cours sous nos latitudes, lorsque le président de la République se déplace, il faut se garder de le contrarier. En un mot, l’hôte de la localité se doit de chanter ses louanges et brosser un tableau idyllique de l’endroit visité si ce n’est du pays.

Chacun a en tête Pierre Mabiala, ministre de la République recevant Sassou à Dolisie et le suppliant, au nom de prétendus sages du Niari, sa région d’origine, de changer la constitution, seule doléance de la population locale, à l’en croire.

A Okoyo, le 15 décembre dernier, il n’en fut rien pour une fois. En effet, si madame Bienvenue Nombo (née Loembé), administrateur-maire nommé de cette ville de 10 000 habitants a commencé par caresser la bête dans le sens du poil, le priant de « maintenir le cap » (sous-entendu de solliciter un nouveau mandat en 2016), c’était pour mieux lui asséner des vérités qu’il n’a pas coutume d’entendre. Ce ne fut d’ailleurs pas sans mal. « Si je ne le dis pas, cela restera comme une épine », confessa-t-elle d'entrée de jeu avant de planter des banderilles.

« Les rues et avenues de notre communauté urbaine sont ornées de poteaux garnis de fils électriques, mais il n’y a pas d’électricité ; les examens de laboratoire, de radiologie et d’échographie ne peuvent se faire à Okoyo, obligeant les malades à se rendre à Owando ou Ewo » attaqua la maire, précisant que le centre de santé construit là à l’occasion de la municipalisation accélérée n’était qu’une décoration, en l’absence de personnel et de médicaments. Et pan !

Et de porter l’estocade, sous l’ovation de ses administrés : « Ici à Okoyo, les populations manquent de l'eau potable » et le pétrole lampant est un denrée rare. En un mot, la ville en est encore à s’éclairer à la bougie, comme au Moyen Âge.

Transmis à l’immense Jean Jacques Bouya le milliardaire, grand chef des grands chantiers qui jusque-là croyait que ses éléphants blancs de la municipalisation accélérée (1), censée être achevée à Okoyo, amélioraient un tant soit peu la vie des populations.

(1) Selon un site Internet du pouvoir, le même Jean Jacques Bouya a été scandalisé de voir l'état d'abandon dans lequel se trouve l'aéroport de Ouesso, lequel trône à présent dans les hautes herbes, alors qu'il a été inauguré par Sassou après réhabilitation en... 2012.

« L’abandon des ouvrages, c’est tout le grand problème chez nous. Dans toutes les allocutions que nous prononçons lors des cérémonies des poses des pierres, de lancements des travaux et des inaugurations, nous insistons toujours sur la pérennisation des ouvrages. Ce que nous venons de voir au pavillon présidentiel de l’aéroport de Ouesso est véritablement scandaleux » a-t-il dit.